Tous terriblement haute couture

Depuis près d’un an, l’esprit d’Yves Saint Laurent plane sur la rue des Cornières, où trois créateurs chevronnés ont ouvert “Tous terriblement”, une boutique-atelier (et plus encore) consacrée à la haute couture. Un lieu magique, qui prouve que la mode peut s’épanouir loin de la capitale.

Anne Gajac, Alain Marchais et Cristelle Posada.

Anne Gajac, Alain Marchais et Cristelle Posada.

De la Rive gauche à l’agenais

Yves Saint Laurent en 1962, photo Pierre Boulat.

Yves Saint Laurent en 1962, photo Pierre Boulat.

Le nom de l’atelier est un clin d’œil à “Tout terriblement”, à la fois collection d’Yves Saint Laurent et documentaire qui plonge dans l’univers du maître et retrace trente ans d’histoire de la haute couture.

Trois décennies, c’est aussi le temps qu’a passé Alain Marchais, l’homme de ce collectif de créateurs, auprès de “Monsieur”, comme premier d’atelier, avant de quitter la maison un an après son fondateur. Il s’éloigne de la capitale pour ouvrir une maison d’hôte à Lusignan-Petit, sans pour autant tourner le dos à ses premières amours. Trente ans de bouillonnement créatif intense, à réinventer au quotidien la silhouette contemporaine, ça ne s’oublie pas !

alain-marchaisIl forme à la création sur mesure sa “protégée”, Anne Gajac, costumière de théâtre et retoucheuse, qui déménage son atelier “Pikapoint” de la rue Lafayette pour le rejoindre rue des Cornières.

Meilleur ouvrier de France en 2011, Cristelle Posada, la modiste du collectif, a elle aussi affûté ses ciseaux au sein de la maison Saint Laurent, pendant 17 ans et créé des pièces extravagantes dont certaines ont trouvé place au musée. Devenue indépendante, elle a coiffé les mannequins des défilés Jean-Paul Gaultier et Balenciaga avant de rejoindre “Tout terriblement”.

Créer et transmettre

creation-tous-terriblement-atelierCette équipe complémentaire a aussi un credo : pourquoi Paris devrait-il conserver une mainmise exclusive sur la mode en général et la haute couture en particulier, au détriment des aspirants créateurs de province, forcés de se délocaliser pour réaliser leur passion, et des élégant(e)s, qui devraient se contenter de prêt-à-porter ?

Alors en plus de proposer au public agenais de sublimes smokings (forcément) sur mesure, de luxueux caftans ou des turbans sophistiqués, le trio de couturiers veut mettre en place des stages et des formations sur les métiers de la mode et de la couture. Axées sur la connaissance du corps et la manière de le sublimer tout en le laissant libre de ses mouvements, elles seront dispensées dans une optique professionnelle.

Une manière, pour Alain Marchais et Cristelle Posada, qui ont fait leurs armes dans l’une des plus belles maisons de couture du monde, et pour Anne Gajac, qui s’est perfectionnée auprès d’eux, de s’inscrire dans une démarche de transmission.

La mode pour tous, terriblement.

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